Newsletter 5 : La démocratie participative comme levier de transformation sociale

La démocratie participative est une réponse au risque de désolidarisation de nos sociétés. Elle est un levier pour passer de la satisfaction des intérêts particuliers à celle de l’intérêt général. Dans sa pratique concrète, elle amène les individus à s’interroger sur la communauté à laquelle ils appartiennent et elle apporte une manière nouvelle d’organiser la solidarité. En effet, la participation n’a de sens que si les individus s’assemblent, l’objectif de la démocratie participative n’est pas de faire participer des individus atomisés mais plutôt de faire converger les points de vue pour les renforcer, de faire émerger une prise de parole citoyenne et solidaire.

Au-delà de l’amélioration des décisions par l’intelligence collective, la démocratie participative a pour avantage de renforcer « l’empowerment » des habitants : la multiplication des outils de démocratie participative permet de créer un cercle vertueux de la participation en contribuant à la formation et à l’information des habitants-citoyens. Il participe tout d’abord à la prise de conscience des problématiques locales et des enjeux à long terme liés à leur cadre de vie et leur logement. Ce cercle vertueux de la participation permet le développement d’une communauté de vie active tournée vers l’autre.

Le développement des outils de démocratie participative atténue le risque de clivage croissant entre experts et citoyens. Depuis une vingtaine d’années, les experts jouent un rôle de plus en plus important dans l’orientation des débats de société qu’il s’agisse des grandes questions environnementales, économiques ou financières. Les décisions qui concernent tout un chacun dans un immeuble ou un quartier ont, ainsi, tendance à être confisquées par les « sachants », ceux qui maîtrisent la technicité du débat ; les habitants étant souvent disqualifiés au motif qu’ils ne savent pas. Or il est primordial de ne pas fonder la transformation sociale seulement sur la seule expertise technique. Sans l’expertise d’usage, le risque est grand de négliger la construction des formes de solidarités. La démocratie participative a un rôle essentiel à jouer pour ouvrir les procédures d’expertise aux habitants.

Ainsi, multiplier les outils de démocratie participative permettra de recréer des solidarités, de repenser les formes de solidarité sociale pour redonner consistance à la démocratie. La démocratie participative ainsi conçue dépasse sa définition stricte et souvent limitée aux dispositifs institués (enquête publique, débat public, concertation…) pour s’orienter vers une définition plus large.

Ce sont les initiatives participatives naissant des collectifs, formels ou informels, qui contribuent à la participation « politique » des citoyens et qui les impliquent dans les décisions collectives. Elle a pour finalité d’accompagner la transformation sociétale en favorisant l’émergence de nouvelles formes d’organisations.

Ces nouvelles structures dites organiques, en recherche d’un fonctionnement plus proche du modèle du vivant, peuvent nous permettre de sortir des schémas dominant/dominé issus de nos conditionnements compétitifs que continue de favoriser la société actuelle.

Si elle est envisagée comme une pratique, la gouvernance « partagée » apparaît comme un formidable levier de croissance des individus. L’organisation peut alors être un lieu du développement de la conscience individuelle au service du développement de l’organisation.

Elle peut permettre l’émancipation de certains de nos conditionnements et donc construire un équilibre entre transformation personnelle et transformation sociétale. Les résultats de l’organisation seront une conséquence directe de la qualité du chemin emprunté.
Ce sont ces principes fondamentaux qui animent nos gestionnaires-animateurs au sein de nos tiers lieux.

En effet, qu’ils soient urbains ou ruraux, au sein d’une résidence ou dans un territoire, notre accompagnement contribue à valoriser les ressources de ceux qui y habitent. Ceux qui y vivent chaque jour, sont les meilleures ressources pour proposer des initiatives, apporter des pistes et contribuer avec les bailleurs, les collectivités à la mise en place de stratégies visant à améliorer leur cadre de vie.

Les espaces tiers-lieux (Maisons de Projets, conciergerie, centre d’échange etc…) sont en réalité des espaces citoyens qui réunissent les habitants d’une résidence ou d’un quartier dans une cité. Ce sont des lieux où ils rencontrent et collaborent, œuvrant à l’amélioration de leur cadre et leurs conditions de vie. Le tiers-lieu est un espace où ils peuvent exprimer leur expertise et confirmer leur pouvoir d’agir où ils échangent, participent et donnent leur avis sur des décisions qui trop souvent ont été prises à leur place.

Ainsi, leur savoir-faire et leur expertise d’usage sont essentiels à la mise en place des projets qui visent à améliorer l’environnement dans lesquels ils vivent, notre gestion-animation leur permet de valoriser leur expertise citoyenne en tant qu’habitants d’une résidence ou d’un quartier. Ils identifient les enjeux, mesurent leur environnement, définissent leurs priorités et trouvent par eux-mêmes les solutions pour améliorer leur vie.

Car, comme a dit un adhérent de Cocoon’Ages® Smartseille :
« Nous ne sommes pas un problème mais une partie de la solution ».

Article rédigé par Samira.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *