Newsletter 6 : Nos aînés dans la société

« Personne âgée » ne veut rien dire : nous avons tous un âge ; et à chaque âge ses forces et ses faiblesses. Mais parlons des seniors et des raisons de leur isolement, qui touchait une personne âgée sur 4 (24 %) en 2014, soit 24% contre 16 % en 20101.

Réinvestir son temps libre

La question de l’investissement du temps libre prend tout son sens lors du passage à la retraite, qui impose nécessairement une réorganisation d’un rythme de vie, avec 7 à 8h supplémentaires à occuper dans la journée.

Ce temps libre attendu précieusement par les actifs, peut alors devenir bien long pour les plus de 65 ans qui n’auraient pas « appris » à affiner leurs intérêts, leurs loisirs, à les pratiquer seul ou en groupe ; bref à se définir autrement que par leur activité professionnelle. Cette étape de vie demande alors une capacité à « aller vers », à mobiliser les ressources nécessaires pour réinvestir tout ce temps qui est à nous, et dont la durée ne fera qu’augmenter avec l’allongement de l’espérance de vie.

Vaincre une timidité, ne pas savoir où s’adresser ou par quoi commencer, ne pas être sûr d’aimer ou d’être capable : autant de freins subjectifs qui peuvent s’imposer à nos aînés retraités, décourager le réinvestissement de leur temps libre, et conduire à une forme d’isolement.

Appréhender le vieillissement du corps

Prendre de l’âge signifie aussi faire face à la baisse de certaines capacités : sujet parfois tabou et abordé qu’à demi-mot. On se plait à dire que « l’âge c’est dans la tête », et il est vrai que vieillir c’est avant tout une usure du corps.

Sans que cela soit une fatalité, il arrive que certains désagréments apparaissent : faire répéter les autres parce qu’on entend un peu moins bien, devoir aller aux toilettes plus régulièrement, avoir les mains qui tremblent un peu plus et la vue moins précise ; sont quelques exemples pouvant impacter la volonté des seniors à « se joindre au groupe », et être en relation. Au-delà des réponses de soins existantes pour y faire face, ces désagréments demandent à être acceptés par la personne.

Alors oui, l’isolement des seniors peut aussi être quelque peu choisi, par difficulté d’appréhender un corps vieillissant et par crainte de se confronter aux regards des autres. On préfère alors rester seul, ou dans un groupe restreint de proches.

« Voir les autres partir »

Prendre de l’âge c’est aussi voir « nos classards » vieillir et parfois mourir avant nous.

Autre sujet tabou de notre société, la mort fait pourtant bien partie de la vie, en tout cas pour ceux qui restent. L’isolement des personnes âgées peut aussi être le résultat du veuvage et d’un appauvrissement du cercle amical, ajouté à la difficulté de créer de nouvelles relations pour les raisons évoquées précédemment.

Adapter la société et plus particulièrement l’environnement des seniors

Lutter contre l’isolement des seniors est semble-t-il l’affaire de tous.

Offres de services de proximité et directement à domicile, aménagement des espaces urbains, dispositifs médico-sociaux de prévention et d’accompagnement, activités socio-culturelles, lieux de vie intergénérationnels… autant de secteurs de la Silver Economie qui tendent à apporter des éléments contextuels de réponse face au vieillissement de la population et en faveur de la lutte contre l’isolement des seniors.

Depuis 10 ans, Récipro-Cité participe à cet enjeu central qu’est l’accompagnement du bien vieillir dans notre société. Convaincus que lutter contre l’isolement des seniors demande une synergie d’acteurs de différents domaines, nous sommes mobilisés aux côtés de bailleurs sociaux et privés, de promoteurs immobiliers, des collectivités, mais aussi des citoyens eux-mêmes, pour développer de nouvelles manières d’habiter et de vivre ensemble, basées sur le partage, l’implication habitante et la solidarité intergénérationnelle.

1 Étude « Les Solitudes en France » – Fondation de France

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *